dimanche 8 mai 2016

Rafael Ponson - Musée Regards de Provence

très belle expo au musée Regards de Provence - huiles, gouaches et aquarelles de Rafael Ponson

Rafael Ponson - la réserve, au Pharo 
pas de soleil aujourd'hui mais du vent....




extrait :

... Ces tableaux répondent à la demande d’une clientèle de  marcheurs désireux de posséder en image les lieux dont ils ont découvert l’âpre beauté. En 1872, le critique d’art M. Chaumelin, reconnaît à la peinture de Ponson ce rôle de mémento des lieux pittoresques et des jours heureux. Evoquant une côte qui "présente les falaises les plus abruptes, les calanques les plus solitaires, les ravins les plus profonds, les roches les plus colorées et les plus bizarrement dentelées qu’on puisse rêver". Il remercie le peintre d’avoir ravivé l’impression des "journées bénies" qu’il a "passées au beau temps de sa jeunesse au milieu de cette nature sauvage".
Subsistent des émanations du gout romantique pour le "sublime", le paysage est alors laissé à sa nudité minérale ou hanté par un vol effaré de mouettes; plus souvent ce sublime est tempéré par le "typique", c.a.d. par des scènes de genre, des personnages de pêcheurs venant ancrer l'étrangeté de la nature dans la rassurante pérennité des activités humaines. Mais ces ingrédients ne suffisent pas à définir l'art de Ponson. Si chez lui une voile vient animer l'horizon marin, c'est aussi pour aviver le bleu d'une touche blanche et si falaises, criques et rocs sont ses lieux d'élection, c'est que leurs découpes aux arêtes vives structurent la vue, mettent en évidence la profondeur et siéent à un peintre de la brosse et du couteau autant que du pinceau : aux premiers plans de rochers reviennent les touches les plus drues, aux ciels une facture délicate et lisse, aux eaux calmes et souvent étrangement vertes de subtils effets de transparence.
Certes la nécessité de vivre de sa peinture en livrant aux amateurs des variantes d’œuvres qui, dans les Salons, ont connu le succès explique une production surabondante. L’essentiel reste cependant son art de la lumière. Ponson excelle dans les temps couverts qui la filtrent autant que dans l’intense réverbération des roches que rend un éclaboussement de touches, dans les vues au ras de l’eau qui s’étale en calmes replis ou scintille d’écume, fraîches lumières matinales, pleins soleils de midi ou crépuscules miroitants. Mer et soleil jouant de concert, voilà qui nous attire bien plus que la nostalgie de sites que le peintre semble ressusciter pour nous.